Hélène Laurendeau tenant un plateau d’aliments variés et nutritifs du traiteur Excellence à L’Île-des-Sœurs. (Photo: Pierre Labranche)
Bien manger en 2008, c’est possible!
Pierre Lussier
Connue pour ses émissions de télévision et ses publications, la nutritionniste Hélène Laurendeau a captivé l’attention du public réuni au Centre de Santé de Saint-Henri avec une conférence intitulée «Bien manger en 2008, comment relever le défi ?»
Pour bien manger, il ne suffit pas d’en parler, il faut s’arrêter pour réfléchir sur ses habitudes de vie et se montrer attentif aux produits que l’industrie alimentaire nous propose. «Une épicerie moyenne compte plus de 30 000 produits en inventaire» selon Hélène Laurendeau qui a décrit l’alimentation d’autrefois comme étant une alimentation de subsistance alors qu’aujourd’hui on parle d’abondance. De nos jours les gens ont accès à des aliments qui viennent des quatre coins du monde. Le dilemme réside dans la difficulté de faire des choix, ce qui devient plus difficile avec la multiplication des aliments transformés dont les étiquettes accrocheuses font de plus en plus état d’ajouts nutritifs. À décrypter toutes ces mentions, il y a de quoi perdre son latin, aussi la nutritionniste a pointé du doigt la composition de ces aliments en situant les éléments importants à bannir ou à privilégier. La teneur en gras trans, en sucre, en calories et en sel ou sodium constitue un bon point de départ pour faire un choix mais il faut aussi s’interroger sur l’ajout de vitamines, de fibres et d’Omega-3. Il en va aussi des agents de conservation, des colorants (nitrite dans les charcuteries) et des stabilisants comme l’hydrogénation de certaines matières grasses. Certaines allégations inscrites sur les étiquettes ne correspondent à aucune norme scientifique et sont purement commerciales.
Puisqu’il faut manger pour vivre, la nutritionniste a expliqué les mécanismes de la faim en parlant de la vraie faim qui est physiologique et de la fausse qui est psychologique. Quand l’organisme est satisfait, les signaux de satiété se manifestent et c’est normal d’arrêter de manger. La faim psychologique se manifeste lorsqu’on grignote ou lorsqu’on perçoit un manque d’énergie qui nous incite à consommer des friandises ou à se stimuler à la caféine, café, boissons énergisantes, cola.
Comparant le sucre au petit bois et au papier dont on se sert pour allumer un feu, Mme Laurendeau précise que le sucre fournit de l’énergie rapidement mais brûle vite. Il vaut donc mieux manger des aliments avec des protéines qui libèrent moins vite l’énergie et nous tiennent actifs plus longtemps.
Citant les bons aliments Hélène Laurendeau incite à consommer les aliments les moins transformés, à utiliser de bons gras, à manger des fruits et des légumes, à privilégier des produits de grains entiers, des fruits et des légumes, des viandes maigres et du poisson deux ou trois par semaine. Affirmant «qu’un cancer sur trois était relié à l’alimentation», Hélène Laurendeau estime que «plus de 50% des Québécois ne consomment pas leur cinq portions de fruits et légumes recommandées chaque jour».
Notez en terminant que la nutritionniste Hélène Laurendeau était invitée à titre de conférencière par le Centre de santé et de services sociaux Sud-Ouest / Verdun (CSSS). La formule a plu aux participants et pourrait être reprise avec d’autres sujets de conférence.