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Un ponton pour relier les deux rives

Deux résidants injectent 100 000$

Alexandre Gauthier par Alexandre Gauthier
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Article mis en ligne le 29 février 2008 à 15:00
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Un ponton pour relier les deux rives
Beatriz Stanevitch et Claude Cayer proposent le service d’un traversier comme alternative aux véhicules entre la terre ferme et L’Île-des-Sœurs, mais aussi pour créer un lien entre les deux rives et les pistes cyclables. (Photo: Martin Chamberland)
Un ponton pour relier les deux rives
Deux résidants injectent 100 000$
Beatriz Stanevitch et Claude Cayer, deux résidants de l’arrondissement de Verdun, ont investi 100 000$ pour réaliser un projet de traversier reliant L’Île-des-Sœurs à la terre ferme. La mise à l’eau de l’embarcation est prévue pour mai et les promoteurs souhaitent beaucoup de soleil pour que leur commerce soit rentable dès sa première année d’opération.
«J’ai beaucoup voyagé et l’eau m’a toujours attirée, raconte Mme Stanevitch. C’est d’ailleurs la raison qui m’a incitée à m’installer aux Brises du fleuve. C’est justement en regardant le fleuve de mon balcon que j’ai visualisé le projet d’un traversier. Comme j’ai déjà franchi les rives de l’Argentine, d’où je viens, au moyen d’un ponton, j’ai senti qu’on pouvait créer un lien entre les rives de Verdun et de l’île, à partir de la marina.»

Beatriz Stanevitch a habité Westmount pendant dix ans avant d’aménager à Verdun, il y a sept ans, où elle dirige l’école de langues Nat-Inter depuis deux ans. Son partenaire d’affaires dans le projet du ponton est Claude Cayer, un ancien insulaire qui a vécu à LaSalle avant de s’établir à Verdun, il y a un an. Il a connu Beatriz dans le cadre de son travail en publicité et communications auprès de différents médias. «Comme mon contrat se terminait en septembre, j’étais libre et le projet de Beatriz m’a tout de suite intéressé, car j’ai déjà navigué.»

Les rôles sont donc clairs. M. Cayer dirigera les opérations du ponton, pendant que Mme Stanevicth gérera l’entreprise nommée Clobé Maritime.
Dix mois de démarches
Les promoteurs ont approché l’arrondissement de Verdun il y a dix mois. Après une étude de faisabilité positive, les demandes de permis ont été déposées. «On espère que les délais seront respectés pour qu’on puisse mettre l’embarcation à l’eau dès que possible et débuter le service, qui pourrait continuer jusqu’en octobre selon les conditions du fleuve», souhaite M. Cayer.

Ce dernier demande beaucoup de soleil à Dame Nature, de façon à créer un engouement pour le ponton et être rentable dès la première saison. Chaque voyage pourra accueillir 12 personnes assises et leurs vélos rangés dans des supports stationnaires. «On prévoit 96 voyages dans une journée de 12 heures, sept jours par semaine, avance Mme Stanevitch. La distance d'environ 300 mètres séparant les deux rives pourrait s’effectuer en cinq minutes, selon l’avis de capitaines de bateau.». Bref, dès qu’une personne attend sur un quai, le ponton se dirigera vers elle pour la mener à destination.

Outre le coût de 50 000$ du ponton, une structure flottante de 30 pieds par 10 pieds qui possédera des vestes de sécurité en nombre suffisant et un moteur non polluant hors bord de 70 forces, un quai et une rampe adaptée aux handicapés, construite en paliers pour franchir une pente de 70 degrés, seront aménagés à des frais d’environ 50 000$ du côté de l’île.
Notion de service
Pour les promoteurs, la notion de service à la population est importante. «On vise d’abord une clientèle de piétons, de cyclistes et de personnes handicapées. Mais on peut aussi accueillir des plaisanciers et des travailleurs», soutient M. Cayer.

Ce dernier affirme bien connaître le Pôle des Rapides, qui a, selon lui, enregistré le passage de 800 000 cyclistes du Sud-Ouest à Lachine l’an dernier. «L’idée du traversier est aussi de relier les rives aux pistes cyclables et de permettre aux résidants d’en profiter, que ce soit pour faire du patin à roues alignées, du vélo, se rendre au golf ou même observer la nature.»

Mme Stanevitch estime que le ponton est une alternative intéressante aux véhicules, un moyen écologique à l’ère de l’environnement, qui pourrait même servir de transport vers l’hôpital en cas d’urgence dans l’île. Et pourquoi pas de transit vers une navette de l’arrondissement les soirs de conseil. D’autres idées émergent, comme la location pour des événements.
Tarif et construction
Pour le tarif des passages, les promoteurs assurent qu’il sera concurrentiel et basé sur le principe du transport en commun comme l’autobus, où il faut la monnaie exacte payable à l’entrée. Des ententes corporatives peuvent toujours se faire si la demande le requiert, afin de permettre aux entreprises qui désirent offrir à leurs employés la possibilité d’aller travailler en vélo à moindre coût.

Quant aux règlements, ils assureront la bienséance tout en respectant les éléments de sécurité. Des opérateurs qualifiés seront sélectionnés prochainement, alors que la construction du ponton va bon train chez Pronaubec Inc., une entreprise québécoise de Saint-Joseph-de-Beauce qui achemine ses produits jusqu’en Australie. L’inspection requise aura lieu sur place et les morceaux, d’assemblage facile, arriveront par camion. L’aménagement des quais et rampes sur les deux rives devraient aussi être réalisé pour mai. Une douzaine de commanditaires de différents domaines pourront aussi afficher leur logo sur le traversier. Le lancement est donc pour bientôt, au bénéfice de tous.

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