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Renée Caron : 15 ans au service d’Amalgame

Un exemple de réussite en économie sociale

Pierre Lussier par Pierre Lussier
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Article mis en ligne le 22 février 2008 à 15:02
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Renée Caron : 15 ans au service d’Amalgame
André Blanchard utilise un gabarit pour compter le nombre de cuillères qu’il doit mettre dans chacun des sacs.
Renée Caron : 15 ans au service d’Amalgame
Un exemple de réussite en économie sociale
>Pierre Lussier
Renée Caron occupe le poste de directrice générale d’Amalgame-Montréal depuis déjà 15 ans, cet organisme réunissant une vingtaine de personnes ayant un handicap qui gèrent collectivement leur propre entreprise de travail.
Créé il y a 18 ans avec l’appui des gens du Centre de réadaptation Constance-Lethbridge, Amalgame offre la possibilité à des personnes ayant un handicap, d’exercer un travail selon leurs capacités. Après des débuts modestes sur l’avenue du Parc à Montréal, l’entreprise a ouvert un atelier à Verdun en 1994, répondant aux besoins de l’Ouest de l’Île de Montréal tandis qu’un deuxième atelier, situé rue Papineau, rejoint l’Est de Montréal.

L’atelier de la rue Wellington comptait 12 participants au début, ils sont maintenant 20. En 2007, Amalgame déménageait dans des locaux plus spacieux au 5970, rue Bannantyne, des locaux qui ont servi successivement de Caisse populaire et de bureau pour la Plomberie Jodoin.
La bonne personne au bon moment
Renée Caron possède un baccalauréat en administration et un certificat en pédagogie. Elle a travaillé une bonne vingtaine d'années à la Commission scolaire de Montréal en démarrage d’entreprise, épaulant parfois des projets de bénéficiaires du Centre Lucie-Bruneau. Quand la jeune femme a pris la direction d’Amalgame, il y a 15 ans, telle ne fut pas sa surprise de constater que l’entreprise était très pauvre, «il n’y avait pas un cent quand j’ai ouvert les livres», confie Renée Caron qui a vite dressé une liste de travaux que l’équipe pouvait réaliser en atelier pour une clientèle potentielle. «Les cinq premières années chez Amalgame ont été difficiles, mais depuis une dizaine d’années la santé financière de l’atelier est bonne», constate la directrice qui a vraisemblablement insufflé un nouvel élan à l’entreprise.

Renée Caron insiste pour dire «qu'Amalgame n'est pas un atelier protégé, mais un module autogéré par ceux qui y travaillent». En effet, ce sont les vingt participants qui élisent un conseil de cinq membres pour administrer l’entreprise. «L’élection donne toujours lieu à une grande effervescence au sein de l’organisme», confie en souriant Mme Caron qui a beaucoup d’empathie pour les membres de son équipe.
Menus travaux
Mardi dernier, quelques participants comptaient des ustensiles en plastique qu’ils plaçaient dans des sacs scellés. Il s’agit d’un petit contrat, comme il y en a des dizaines par année chez Amalgame. Selon Renée Caron, «tout ce qui se fait sur une table, qui est répétitif et que personne d’autre ne veut faire, ça nous intéresse.» Les participants préparent des petits sacs d’ustensiles pour la firme Polar, emballent des petits cadeaux et gadgets pour des organismes comme le Club Richelieu, préparent des envois postaux pour la Fondation hospitalière de Verdun, assemblent des trousses à café pour les hôtels, etc. Ces travaux répondent aux besoins de clients pour qui une automatisation à outrance ne serait pas rentable. Pour ces travailleurs ayant un handicap, ces gestes simples sont faciles à mémoriser. Il y a une double récompense pour chacun d’entre eux, car les mesures d’employabilité d’Emploi-Québec permettent de rétribuer ces travailleurs valorisés par ce qu’ils font. Pour plusieurs de ces personnes à mobilité réduite, le fait de venir à l’atelier en se conformant à un horaire de travail, leur donne un but. Amalgame est une grande famille, un milieu de vie pour ces gens «qui ont un handicap de naissance dans 70% des cas», selon Renée Caron.

Notez qu’Amalgame tiendra une journée portes-ouvertes le 9 avril prochain. Renée Caron incite les entrepreneurs locaux à la contacter au 514-362-9551, lorsqu’ils ont certains petits travaux qu’ils pourraient confier à Amalgame. Entre temps, Renée et son équipe tentent de d’amasser 300 000$ pour acheter l’immeuble qui abrite leur atelier.

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