Des jeunes de la Maison Point de Mire ont partagé leur sentiment d'appartenance à Verdun.
De jeunes Verdunois ne pensent pas élever leur famille ici
Rencontre sur le sentiment d'appartenance à leur quartier
Sept des huit jeunes âgés de 15 à 17 ans, rencontrés par Le Messager le 31 janvier à la Maison Point de Mire pour connaître leur sentiment d'appartenance à leur quartier, n'élèveront pas leurs enfants à Verdun. Ils estiment que leur qualité de vie dépérit en raison de problèmes croissants.
«Il y a des gangs de rue», affirme Luisa, qui déménagera bientôt sur la Rive-Sud avec sa famille. «Il y a des problèmes de graffiti et de propreté», ajoute Erika. «Je n'aime pas le langage utilisé ni l'attitude affiché envers mon jeune frère à l'école et dans la rue. Je veux l'éloigner de cette influence négative», raconte Arielle. Elle dénonce aussi les piqueries du coin.
Mario Viboux, animateur à la Maison des jeunes Point de Mire, va plus loin. «Il faut presqu'une arme pour se défendre, que ce soit un couteau ou un fusil.» Des jeunes affirment que des personnes se promènent avec une arme blanche sur eux. M. Viboux dénonce aussi la présence de coliformes fécaux qui polluent l'eau au lac des Rapides où il enseigne la pêche sportive aux jeunes.
Pléiade d'activités
En revanche, Tanya a grandi à Verdun et élèverait ses enfants ici. «Il y a tellement d'activités pour s'occuper, en plus de profiter des parcs et du bord de l'eau. Je fais du soccer, du ballet, du karaté, de la pêche et plein de choses au parc Therrien et au centre communautaire Marcel-Giroux», illustre-t-elle.
«J'ai eu une bonne enfance ici, stimulée par plusieurs activités, alors je ne voudrais pas aller ailleurs, même à Montréal», soutient Farah. Elle devient toutefois incertaine quant au meilleur endroit pour élever des enfants.
Des points positifs
Durant la rencontre avec Le Messager, les jeunes ont pu échanger avec Geneviève Gardere, représentante du Conseil jeunesse de Montréal (CjM), un organisme qui conseille le maire de Montréal sur les préoccupations des jeunes.
Elle a présenté l'avis Montréal, ma ville, mon choix, qui démontre notamment que le lieu de naissance des jeunes influence le sentiment d'appartenance à leur quartier.
À cet égard, Érika estime être chanceuse de vivre à Verdun. «La qualité de vie est meilleure ici qu'en Colombie d'où je viens». «Le reste de ma famille aimerait bien venir me rejoindre», ajoute Luisa, qui est aussi d'origine colombienne.
Mme Gardere a profité de sa rencontre avec les jeunes à Point de Mire pour recueillir leur opinion sur les graffiti, puisque le prochain avis du CjM portera sur ce sujet.
De la banlieue à la ville
Pour Gabriel, originaire de Chambly, l'idéal est de grandir en banlieue et de vivre son adolescence à Montréal. «Jeune, on a besoin de grands espaces sécuritaires, mais ensuite on s'intéresse au bourdonnement d'activités des grands centres. Heureusement, on trouve beaucoup de pistes cyclables et d'accès à la nature et à l'eau à Verdun, comme en banlieue, en plus de profiter des activités de l'arrondissement.»
Gabriel voit aussi la diversité culturelle de Montréal comme un avantage, mais il préfère rester à Verdun, car il n'endure pas le bruit et les gratte-ciel du centre-ville. Il aimerait toutefois retrouver une salle de billard, une arcade ou un cinéma sur la rue Wellington. Un souhait qui serait difficilement réalisable, selon Mario Viboux, en se basant sur les tentatives déjà effectuées.
Pour sa part, Claudiane déplore les ratés encore trop fréquents du transport du commun. «Le métro bloque malgré la supposée amélioration de service et les autobus sont en retard.»
Lieu de rencontres à Point de Mire
Luisa souligne par ailleurs l'éventail d'activités à l'école secondaire Mgr Richard qui offre notamment beaucoup de choix parascolaires, ainsi qu'à la Maison des jeunes Point de Mire.
«On propose aux jeunes de faire du camping, de la pêche et des voyages», précise M. Viboux. Un séjour en France a été organisé l'an dernier, une sortie à New-York est prévue bientôt, ainsi qu'un voyage à Cuba l'hiver prochain. Un comité formé de jeunes trouvent des façons de financer ces projets.
La Maison des jeunes Point de Mire offre des activités de baby-foot, de ping-pong, de mississippi et de cartes, ainsi qu'un plancher de danse, un salon, une cuisine et un atelier de fabrication de mouches pour la pêche.
Quant aux voyages, en plus de former la jeunesse, ils permettent de constater des pratiques qui pourraient être réalisables à Montréal, comme l'utilisation de vélo-libre et du tramway.
Avis aux jeunes âgés de 12 à 17 ans qui veulent s'amuser et se faire de nouveaux amis, la Maison des jeunes Point de Mire, située au 3882, rue Wellington, est ouverte du lundi au jeudi, de 14h à 22h.