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Daniel Germain: rêver d’un monde meilleur et le réaliser

Pierre Lussier par Pierre Lussier
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Article mis en ligne le 10 février 2008 à 1:00
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Daniel Germain: rêver d’un monde meilleur et le réaliser
Daniel Germain suscite une réflexion sur l’engagement de chacun.
Daniel Germain: rêver d’un monde meilleur et le réaliser
Daniel Germain, le fondateur du Club des petits déjeuners du Québec, attire les foules et c’est devant près de 300 personnes au restaurant Crescendo que le Verdunois d’origine a raconté, en toute simplicité, ses déboires, sa prise de conscience de la misère des enfants et son engagement auprès des écoliers d’ici et d’ailleurs.
L’homme donnait l’impression de rentrer au bercail lorsqu’il a parlé de sa jeunesse à Verdun, en particulier des adultes significatifs qu’il a croisé comme l’ancien directeur de la Polyvalente Mgr-Richard (PMR), André Rivest, et l’enseignante Cécile Marchand-Leblanc présente à la conférence. Mme Marchand lui a dit un jour:«si tu voulais, tu pourrais faire une différence Daniel».

Ému, Daniel Germain s’est adressé sur le ton de la confidence aux convives, dont quelques-uns devaient lui remémorer sa jeunesse. «Je me suis toujours rappelé de mes racines», confie le fondateur du Club des petits déjeuners, qui a précisé:«Verdun m’offre des réponses constantes». En fait Daniel Germain a eu une enfance difficile à Verdun, il s’en souvient et n’hésite pas en parler. Il a vécu en famille d’accueil jusqu’à l’âge de huit ans, a pris de la drogue alors qu’il était élève au primaire et a obtenu, presque par pitié, son diplôme de secondaire cinq. L’adolescent plutôt délinquant, ne s’intéressait pas aux études, mais exerçait un certain leadership qui lui a permis d’occuper la présidence du conseil étudiant de la PMR.

Quelques années plus tard, à l’âge de 24 ans, Daniel Germain, jeune adulte marginalisé se fait arrêter et jeter en prison aux États-Unis. Pendant ce triste séjour, il craignait surtout de ne pas réussir dans la vie, sans savoir que son énergie et sa volonté lui permettraient d’échapper au milieu du crime. À sa sortie de prison, Daniel a travaillé un certain temps chez Nortel. L’événement qui a déclenché sa prise de conscience de la misère, c’est sa visite, en 1989, d’un dépotoir où vivent et travaillent plus de 50 000 enfants à Mexico. «Ma vie a basculé», avoue le fondateur du Club des petits déjeuners qui a mesuré l’ampleur des inégalités et de la folie humaine.

Pendant six ans, le jeune Verdunois a consacré ses énergies au service des plus démunis du Mexique, et surtout d’Haïti où il a été témoin du naufrage du traversier Neptune, un drame qui a fait plus de 800 morts.

Inspiré par une réflexion d’une dame croisée à l’aéroport de Vancouver qui lui soulignait l’importance d’avoir une vision pour chez nous afin d’exprimer une vision pour le monde, le jeune homme a compris l’importance d’aider les siens pour mieux aider l’humanité. C’est ainsi que le Club des petits déjeuners du Québec est née en 1994.
Le Club des petits déjeuners en bref
En 2001, le Club servait des petits déjeuners à 6000 élèves dans 64 écoles. En 2007, on rejoignait 15 000 élèves dans 213 écoles. Depuis sa fondation, le Club a servi plus de 12 millions de petits déjeuners. Plus de 2 500 bénévoles et 60 employés ont contribué au succès de ce service dont le but essentiel est de permettre aux enfants moins favorisés de manger convenablement avant de se rendre en classe. La formule du Club des petits déjeuners du Québec a inspiré la création de groupes semblables au Canada anglais. Plus de 200 000 petits déjeuners ont été servis en milieu scolaire de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve.
Une reconnaissance mondiale
La formule mise au point par Daniel Germain et son équipe a attiré l’attention des dirigeants des Nations Unies et de responsables d’organismes non-gouvernementaux partout dans le monde. Cette notoriété a facilité la tenue d’un Sommet du millénaire en 2006, destiné à trouver des solutions durables à la faim et à la misère. Des intervenants aussi célèbres que Bill Clinton et Mia Farrow ont répondu à l’appel du Verdunois. Une deuxième édition a eu lieu en 2007 et d’autres projets sont en voie de se réaliser.
«Dans la vie on prend souvent plein de petites routes qui ne nous mènent pas toujours sur le bon chemin», conclut Daniel Germain qui a terminé son allocution en incitant les intervenants, présents au midi-motivation, à aider les organismes locaux.

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