Prêcher pour l’art humaniste
L’artiste Lucie Poirier au Festival des films du monde
La poète verdunoise Lucie Poirier sera analyste au Festival des films du monde du 23 août au 4 septembre. Celle pour qui le cinéma vaut mille mots par le biais de l’image, analysera des films de 9h à 23h chaque jour, alors qu’elle vient de terminer la rédaction de trois ouvrages. Cette passionnée aux grands idéaux nous livre sa vision du monde et de l’art.
«J’ai de l’admiration pour Serge Losique, responsable du festival. Il choisit ses films pour décrire une part de l’humanité, pour réfléchir à la métaphysique», exprime Lucie Poirier. Parmi les longs métrages qui captivent l’attention de l’artiste verdunoise : DP75 Tartina City du Tchad, de la France et du Maroc, traitant entre autres de la torture. Et La logique du remords, qui parle du viol et du meurtre d’une fillette de 5 ans. «Ce ne sont pas des sujets glamours ! On préférerait ne pas en parler. Mais ce sont des sujets d’actualité», insiste Lucie Poirier.
Idéaliste, ce sont les thèmes humains, les valeurs artistiques et les idéaux féministes qui guideront Lucie Poirier dans ses analyses cinématographiques. «L’art, ça concerne l’âme. Mes intérêts féministes, je les défends pour que des choses comme celles qui sont arrivées à Denise Morelle ne surviennent plus», spécifie l’artiste-poétesse qui a connu la comédienne assassinée en 1984.
Au quotidien, elle analysera entre quatre et cinq films. Ses comptes-rendus seront diffusés sur TerranovaMagazine.ca.
Trois livres signés Lucie
Mais ce n’est pas seulement le cinéma qui fascine Lucie Poirier. Elle vient de compléter trois livres-objets faits à la main, créés pour sa maison de microédition – Les mots blancs – située à Verdun. @R:Des œuvres «à lire, à voir, à manipuler». Car son art se marginalise par sa forme. Devenir poésie, e prime et la femme plurielle mélangent infographie et poésie. Ils véhiculent les valeurs personnelles de l’auteure. «Du bénévolat, j’en ai fait durant toute ma vie. Toutes les laideurs, les puanteurs, les saletés que j’ai vues sont l’une des bases sur lesquelles je m’appuie pour transmettre de la bienveillance par le biais de mes textes. Les mots peuvent être consolateurs et épanouissants», croit Lucie Poirier.
En cours de production, son essai La femme à abattre a également une saveur poétique. «Tout ce que je fais fini par être poétique», observe l’artiste verdunoise en riant. L’ouvrage pose un regard critique et interrogatif sur la mort violente infligée aux femmes et aux fillettes partout dans le monde.
En 2006, le prix de poésie du Festival international du texte court de Sherbrooke est remis à l'artiste verdunoise pour Les longs chemins, où elle fait l’éloge de la liberté. En 1992, Lucie Poirier a également reçu le prix de la plus belle lettre d’amour de la désormais défunte revue Étal mixte pour son ouvrage de poésie graphique Lettre à Benjamin.
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BV: Ce sont les thèmes humains, les valeurs artistiques et les idéaux féministes qui guideront Lucie Poirier dans ses analyses cinématographiques.