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Contamination des terrains de Presto : des hydrocarbures qui dérangent

Pierre Lussier par Pierre Lussier
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Article mis en ligne le 29 juin 2007 à 16:17
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Contamination des terrains de Presto : des hydrocarbures qui dérangent
Ce n’est qu’après plusieurs mois de travail qu’on pourra vraiment évaluer la situation.
Contamination des terrains de Presto : des hydrocarbures qui dérangent
Des propriétaires inquiets s’interrogent
> Pierre Lussier
On se rappellera qu’un projet domiciliaire incluant des logements sociaux n’avait pu être mis en chantier, en raison de la contamination des terrains de l’ex-épicerie en gros Presto de la rue Rielle, en 2005. La situation est pire qu’on pensait, aussi l’arrondissement a convoqué les propriétaires des environs pour faire le point.
Une douzaine de propriétaires ont assisté à cette rencontre qui réunissait le maire Claude Trudel, les membres du conseil d’arrondissement, le directeur Gilles Baril, la représentante de Provigo Josée Bédard, et les experts en environnement et santé publique.

En 2005, les terrains de Presto (Provigo) sont disponibles avec la fermeture de l’entrepôt; Verdun s’y intéresse et envisage d’acheter pour permettre un développement domiciliaire. Hélas, l’échantillonnage de sol requis pour la vente, révèle une contamination. Ne pouvant conclure de transaction, Provigo pousse plus loin l’investigation et la firme consultée découvre la présence d’hydrocarbures sur une certaine étendue, en 2006. À la fin de l’année, on fait une caractérisation dans l’emprise de la rue Rielle, afin de vérifier l’ampleur de la contamination.

L’ expert de la firme Sonexem, Serge Panasuk, a longuement décrit, à l’aide de tableaux, les travaux de sondage et les résultats obtenus jusqu’ici sur le site de Presto et dans les environs immédiats. Plus de 60 forages ont été faits, dont 17 dans l’emprise de la rue Rielle. On parle de la présence d’huile à chauffage mêlée à du diesel, et un peu d’essence. Le produit a voyagé dans le sable à une profondeur se situant entre 20 et 30 pieds, potentiellement à partir des terrains de Provigo, selon l’expert Serge Panasuk de la firme Sonexem. On estime la quantité d’huile à l’équivalent de 50 à 120 barils de pétrole. On veut forer plus loin comme dans la ruelle de la rue Rielle, pour tenter d’établir le périmètre maximum des sols contaminés. Le pompage des hydrocarbures est déjà amorcé toutefois les responsables du dossier n’ont pas caché qu’il faudrait du temps, peut-être deux ans pour compléter le travail.
La santé publique n’est pas menacée
Pour sa part Mme Beausoleil, toxicologue au département de Santé publique du ministère de la Santé et des Services sociaux , a tenu à rassurer les résidants de la rue Rielle. Mme Beausoleil affirme qu’en raison de la profondeur des sols potentiellement contaminés, les risques pour la santé des gens qui vivent au-dessus sont presque nuls, puisqu’il n’y a pas de contact cutané. Reste les vapeurs d’hydrocarbures, mais là-aussi les risques d’intoxication pour quiconque séjourne au sous-sol, d’une propriété du voisinage, sont minimes. Le taux de pollution de l’air ambiant pourrait ne pas être plus élevé que la moyenne de tous les jours dans la région métropolitaine. Mme Beausoleil a tout de même informé les résidants que des échantillons seront pris au cours des prochaines semaines dans les immeubles du voisinage. En ce qui concerne le tuyau d’aqueduc qui passe sous la rue Rielle, il n’y a pas vraiment de risque de contamination de l’eau potable
Patience, patience, doit-on suggérer !
Visiblement bouleversé par ces révélations, le maire Claude Trudel a admis qu’il s’agissait d’une situation sérieuse et préoccupante mais que l’arrondissement allait faire ce qu’elle peut pour aider les gens du voisinage.
Selon Josée Bédard de Provigo, «on subit une situation dont on a hérité». La contamination remonte à l’occupation du terrain, avant que Provigo ne l’achète, en 1980. Aussi Provigo qui assume actuellement les frais de forage, tente de convaincre, poliment pour le moment, l’ancien propriétaire de faire sa part. En attendant, les propriétaires des environs sont inquiets, ils subissent un préjudice, car lorsqu’ils voudront vendre leur maison, les acheteurs éventuels refuseront de s’engager à moins de garanties sur la non-contamination du sous-sol.

Les propriétaires devront s’armer de patience. Pour le moment, l’arrondissement leur a proposé d’obtenir une réévaluation à la baisse de leur propriété, histoire de payer moins de taxes. Du côté de Provigo, on compte démolir l’entrepôt désaffecté dans les meilleurs délais tout en suivant de près les travaux de forage et de pompage.

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