S’engager socialement ET personnellement
À l’ère de l’individualisme galopant, certaines statistiques, insignifiantes en apparence, jettent un peu de baume sur l’idée que je me se fais de l’avenir de notre société.
Mise en garde nécessaire préalable à la lecture de cette chronique: soulignons à gros traits rouges que, loin d’être réactionnaire, je suis une femme de ma génération, plutôt à gauche, ouverte d’esprit, qui a toujours pris position pour le bien commun avant celui de l’individu.
Si je prends ces précautions, c’est que dès que l’on aborde les thèmes du mariage, de la famille et des enfants, on passe toujours un peu pour réactionnaire...
Il n’empêche, je le dis, persiste et signe, l’augmentation, bien que petite, mais constante, du nombre des naissances au Québec me réjouit grandement.
Et, bien que dans une moindre mesure, l’annonce de l’augmentation de la fréquence des mariages me réjouit également, non pas par le sacrement qu’il représente, ils sont d’ailleurs de moins en moins religieux, ou par l’autorité morale qu’ils confèrent aux couples qui font le saut, mais bien juste comme un signe que l’engagement amoureux a encore un peu la cote.
Si l’on est engagé socialement, que l’on s’implique dans sa communauté, alors pourquoi diable ne voudrait-on pas s’engager dans sa vie privée?
L’attachement, l’expérience la plus douce de l’existence, se traduit parfois par les soins que l’on prodigue à une plante, à un animal de compagnie, ou bien parfois, avec un peu de chance, on fini par s’attacher à un autre être humain avec lequel on entre en relation, peu importe le genre de relation d’ailleurs.
Au fond, quoi de mieux que de se bâtir une vie à deux, de partager ses bons et ses mauvais coups? Quoi de mieux que de passer au travers des débâcles pour au final se connaître chacun un peu plus soi-même, apprentissage que Socrate n’aurait pas renié...
Et enfin, expérience suprême de l’attachement, de l’amour inconditionnel: devenir parent, sorte d’abnégation la plus totale, don de soin ultime, est un acte qui redevient, on le voit, l’expérience qui donne un sens à la vie, qui est celui de la transmission des valeurs qui nous sont chères, dans l’espoir que nos enfants prennent à leur tour le bâton de Pellerin pour quotidiennement bâtir un monde meilleur.
Pied de né à l’individualisme nihiliste, à l’hédonisme indécent, parfois, les valeurs les plus simples sont le gage de bonheur le plus sûr.