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Tempête dans un verre d’eau

Pierre Vigneault par Pierre Vigneault
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Article mis en ligne le 9 mai 2007 à 16:00
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Tempête dans un verre d’eau
Un citoyen de Verdun a attiré l’attention de plusieurs médias nationaux qui ont fait état de sa démarche auprès du conseil d’arrondissement. M. Claude Talbot veut que l’on cesse de réciter la prière, au début des séances du conseil d’arrondissement et que l’on enlève le crucifix installé dans la salle où se tiennent ces réunions.
Ce citoyen soutient que dans une société laïque, la religion est du domaine du privé et qu'elle n'aurait plus sa place dans les délibérations du conseil. Lors de la dernière séance du conseil, il s'est adressé directement au maire Trudel pour lui demander quelles sont ses intentions à cet égard. Celui-ci a clairement indiqué qu'il ne se plierait pas à cette demande, du moins pour l'instant.

Je ne suis pas de ceux qui usent les bancs des églises. Pour moi, les croyances religieuses et l'interprétation qu'on en fait sont à l'origine du fanatisme qui alimente un grand nombre de conflits, à travers le monde. Dans tous les coins de la planète, on commet les pires atrocités, les pires injustices, au nom d'un Dieu. Mais je crois aussi que ce n'est pas une raison pour balayer, du revers de la main, toutes les traditions, toutes les coutumes.

Je reconnais que la prière que l'on récite au début d'une séance du conseil peut indisposer certaines personnes. Même si elle ne dure que quelques dizaines de secondes, elle incite indirectement l'ensemble des personnes présentes à se conformer à un rituel qui n'a peut-être plus sa place, dans un cadre laïque. Les membres du conseil pourraient toutefois, sans déranger personne, se recueillir en silence pendant quelques brefs instants, pour se rappeler qu'ils ont certains devoirs envers leurs concitoyens. En autant qu'ils ne forcent personne à participer à leurs réflexions, je me demande pourquoi il faudrait leur interdire une telle pratique.

La présence du crucifix, à mon avis, a encore moins de conséquences. Tout comme les armoiries de la « ville » de Verdun, placées juste en-dessous, il témoigne des valeurs qui ont été défendues par plusieurs générations de Verdunois. Il gêne peut-être les gens qui ont des croyances différentes, mais devrait-on pousser les « accommodements » jusqu'à renoncer à tout ce qui rappelle notre propre culture? Il ne faudrait quand même pas, au nom du respect des autres, faire disparaître tous les signes de notre histoire, de nos mœurs!

Il reste que cette affaire ne semble pas susciter beaucoup de passion au sein de la population verdunoise. Malgré tous les efforts de M. Talbot pour publiciser sa démarche, il ne s'est pas trouvé une seule personne, dans la salle du conseil, le 1er mai dernier, pour faire écho à ses récriminations.

C'est peut-être le signe (bien laïque, celui-là) qu'il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau.

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