PARIS - Le gouvernement fédéral a rappelé au président afghan, jeudi, les attentes des Canadiens, qui ne veulent pas que leurs soldats meurent en vain dans un pays corrompu.
Le ministre intérimaire des Affaires étrangères du Canada, David Emerson, a rencontré le président Hamid Karzaï, à une conférence au cours de laquelle la communauté internationale s'est engagée, jeudi, à donner 21 milliards $ supplémentaires pour aider à la reconstruction de l'Afghanistan.
Le président afghan a promis de se battre contre la corruption et l'arbitraire qui affaiblissent son gouvernement. M. Emerson a expliqué à M. Karzaï que les Canadiens veulent être assurés que leur argent et que leurs soldats sont envoyés en Afghanistan pour une bonne cause.
Le ministre a clairement fait savoir que "les Canadiens ont des attentes et la confiance doit régner, puisque d'énormes sommes d'argent sont investies et que leurs soldats meurent" dans ce pays d'Asie centrale.
Selon M. Emerson, "la population se décourage s'il y a apparence de corruption".
M. Karzaï, qui profite d'une aide occidentale depuis six ans, a reconnu que son échec à combattre la corruption et à sévir contre les chefs de guerre ont retardé les efforts de reconstruction.
Les besoins de sécuriser et nourrir le pays ont finalement éclipsé les inquiétudes des 80 pays présents à la conférence sur la corruption du gouvernement de M. Karzai.
Les donateurs de la conférence internationale de Paris se sont engagés à coordonner leur aide mieux que dans le passé, alors que des milliards de dollars ont été versés au pays, souvent sans vérification. Dans un communiqué, les pays donateurs ont demandé à l'Afghanistan de s'attaquer à la corruption.
Le Canada s'était engagé avant la conférence à augmenter son aide à 600 millions $, portant la contribution totale du gouvernement fédéral à 1,9 milliard $ sur 10 ans.
Une part de cette enveloppe, 50 millions $, sera consacrée à l'augmentation de la production agricole avec la remise à neuf du barrage de Dalah, dans la province de Kandahar, comme l'avaient souhaité les afghans.
Le montant nécessaire pour redresser le secteur agricole est estimé à 4 millards $, mais les pays présents à la conférence de Paris étaient très sceptiques quant à la part qu'occupe la culture d'opium dans la production totale du pays.
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