QUEBEC - Certaines écoles de milieux défavorisés bénéficieront de l'embauche de 1000 professeurs qui permettront, à travers la province, d'intégrer des élèves handicapés ou en difficulté dans des classes régulières, a déclaré mercredi la ministre de l'Education, Michelle Courchesne.
Ces effectifs supplémentaires, qui commenceront à entrer en fonction en 2009, réduiront de 20 pour cent le nombre d'élèves par classe dans ces zones, où les problèmes et le nombre d'élèves visés sont plus grands, a dit Mme Courchesne, lors d'une conférence de presse conjointe avec son collègue de la Santé, Philippe Couillard.
Cet allégement de la tâche des enseignants, dont la valeur est de 56,3 millions $ sur trois ans, est la pièce de résistance du plan d'action dévoilé par Mme Courchesne pour les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage dans les écoles du Québec.
La ministre a reconnu que les nouvelles embauches, qui viseront les classes des deuxième et troisième cycles du primaire ainsi que celles de première secondaire, étaient en-deçà des demandes des syndicats d'enseignants et de la Commission scolaire de Montréal.
"C'est un premier geste dans la bonne direction, a-t-elle déclaré. Nous ne répondons pas en totalité ni à la demande des syndicats ni à la CSDM."
Avant d'annoncer cette réduction du nombre d'élèves par classe pour l'ensemble du réseau scolaire, une période d'environ neuf mois servira à évaluer les mesures mises en place. Selon les résultats, le prochain budget pourrait prévoir un élargissement de l'initiative, a dit Mme Courchesne.
En tout, mercredi, la ministre de l'Education a annoncé des mesures totalisant 65,3 millions $ sur trois ans, dont 3,5 millions $ pour permettre aux enseignants ayant plusieurs élèves en difficulté dans leur classe de disposer de plus de temps pour se perfectionner.
La ministre a aussi indiqué qu'un choix avait été fait de ne pas intégrer automatiquement les cas lourds dans des classes régulières, notamment pour préserver le droit des autres élèves à pouvoir progresser.
"On doit encore avoir des classes spéciales, particulièrement pour les cas lourds, a-t-elle dit. Parce qu'on croit que le service peut être très bien défini et mieux campé. Mais je pense aussi que nous avons la responsabilité du droit des autres élèves à progresser dans la classe."
Mme Courchesne, qui a rappelé que cette question avait été une source de débat chez les parents, prône une intégration progressive, en offrant à des élèves de classes spéciales certaines heures de cours avec leurs camarades de classes régulières.
Par ailleurs, les deux ministres ont annoncé un arrimage de certains de leurs services afin de soutenir les enfants éprouvant des difficultés physiques ou intellectuelles.
M. Couillard a ainsi dévoilé les objectifs de son plan d'accès aux services pour les personnes ayant une déficience, axé sur les enfants de zéro à six ans, qui devront être atteints d'ici 2010.
Il établit principalement des délais maximaux d'accès aux services allant de 72 heures à 12 mois, selon les niveaux de priorité de chaque cas.
Les résultats des centres de réadaptation seront aussi publiés dès l'hiver prochain.
Une somme de 110 millions $ sur trois ans est consacrée à ce plan, dont 40 millions $ ont déjà été investis l'an dernier, notamment pour l'embauche de 110 personnes.
"Ce sont les mêmes enfants, et c'est le même Etat, alors il faut des signes visibles de collaboration, a dit M. Couillard. Le plan d'accès ajoute de nouvelles passerelles entre les deux réseaux."
Après avoir assisté à la conférence de presse, la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE), Johanne Fortier, a affirmé que ses membres auraient souhaité avoir des ajouts de ressources supplémentaires.
La FSE aurait aussi apprécié qu'il y ait des balises claires pour limiter l'intégration de cas lourds ou d'élèves présentant des problèmes de comportement ou d'apprentissage.
Mme Fortier a regretté que Mme Courchesne ait reporté d'un an l'établissement de ces balises.
"Il n'y a aucun outil précis sauf une intention de baisse du nombre d'élèves par classe dans les milieux défavorisés", a-t-elle dit.
Le président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, André Caron, a quant à lui affirmé que la somme de 65,3 millions $ annoncée par Mme Courchesne étaient relativement faible par rapport à l'ensemble des investissements pour les élèves en difficulté, évalués à 1,7 milliard $ par Mme Courchesne.
"Sur 1,7 milliard $, ce n'est pas grand-chose, mais Mme la ministre parle de 1000 enseignants de plus", a-t-il dit en soulignant que les enseignants seraient ainsi libérés pour faire une meilleure intervention auprès de leurs élèves.
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