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Harper présente des excuses officielles aux victimes des pensionnats indiens

Presse Canadienne Article mis en ligne le 11 juin 2008 à 0:00
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Harper présente des excuses officielles aux victimes des pensionnats indiens
Stephen Harper mardi à Ottawa. LA PRESSE CANADIENN/Fred Chartrand
OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper a présenté mercredi les excuses officielles du gouvernement du Canada aux anciens élèves des pensionnats indiens, des institutions d'enseignement conçues pour assimiler les autochtones.
Au nom du gouvernement canadien, M. Harper a admis que cette politique d'assimilation était erronée, qu'elle a fait beaucoup de mal et qu'elle a causé des dommages importants à la culture, la langue et au patrimoine autochtones.
Le fardeau de cette expérience douloureuse pèse sur les épaules des autochtones depuis trop longtemps, alors que ce fardeau revient directement au gouvernement fédéral et au Canada en entier, a ajouté le premier ministre, avant d'exprimer ses regrets et de présenter ses excuses pour le rôle du gouvernement dans ces pensionnats.
Ces excuses ont été suivies de celles du chef libéral Stéphane Dion, qui s'est dit désolé que son parti, qui a été au pouvoir pendant l'essentiel du 20e siècle, ait joué un rôle dans cette tragédie.
Après son allocution, M. Dion est allé serrer la main de la dizaine de leaders autochtones et inuit qui prenaient place, en habit traditionnel, devant le premier ministre dans l'allée centrale de la Chambre des communes.
Le leader du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et celui du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, ont eux aussi exprimé leurs regrets aux Premières Nations, Inuits et Métis.
A la fin d'un discours revendicateur, M. Duceppe les a invités à un dialogue "de nation à nation" pour bâtir l'avenir.
M. Layton, qui a joué un rôle de premier plan dans l'organisation des excuses, semblait très ému pendant sa déclaration. En conclusion, il a exhorté le gouvernement Harper à revenir sur sa décision et à signer la déclaration de l'ONU sur les droits des peuples autochtones.
On estime qu'entre 1870 et 1996, plus de 150 000 enfants ont été enlevés à leur famille pour être envoyés dans les pensionnats où il n'avaient pas le droit de parler leur langue et où plusieurs ont été victimes de violence et d'abus sexuels.
Les anciens élèves des pensionnats ont déjà obtenu un dédommagement après une longue bataille devant les tribunaux. Les représentants des communautés disent espérer que les excuses aideront les communautés à panser leurs plaies et à tourner la page.
Prenant la parole après les politiciens, le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Phil Fontaine, a déclaré que les excuses marquaient "une nouvelle aube" pour les relations entre le Canada et les autochtones.
D'autres leaders autochtones devaient prendre la parole devant les députés. Une cérémonie de signature devait ensuite avoir lieu dans l'enceinte du Parlement apres la déclaration officielle.
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Voici quelques faits historiques sur les pensionnats indiens au Canada
OTTAWA - Le premier ministre Stephen Harper a présenté mercredi des excuses officielles aux victimes des pensionnats indiens. Voici quelques faits historiques sur ces institutions mises sur pied par le gouvernement fédéral et placées sous la gouverne de communautés religieuses:
-Les premiers pensionnats indiens ont ouvert leurs portes dans les années 1840, soit avant la naissance officielle du Canada. Le dernier, en Saskatchewan, n'a fermé qu'en 1996;
-En un siècle, on a recensé quelque 130 établissements différents;
-Il y a eu des pensionnats dans presque toutes les provinces. Seuls le Nouveau-Brunswick, l'Ile-du-Prince-Edouard et Terre-Neuve n'en ont jamais abrité;
-On estime qu'environ 150 000 enfants autochtones ont été arrachés à leur famille pour être envoyés, 10 mois par année, dans des pensionnats souvent hors de leur région natale;
-D'après l'Association des Premières Nations, on compterait parmi eux 8000 "Indiens" du Québec. Ce nombre ne comprend pas les Inuits;
-Pendant qu'ils étaient pensionnaires, les enfants n'avaient pas droit de parler leur langue autochtone;
-En 2004, Statistique Canada évaluait à environ 88 000 le nombre de survivants des écoles résidentielles;
-Au Québec, les pensionnats étaient moins nombreux que dans l'Ouest du pays. Le premier à ouvrir ses portes, en 1934, était situé à Fort George, sur les rives de la Baie James. Le dernier, à La Tuque, a fermé en 1980.
-Les autres pensionnats étaient situés à: Amos (catholique, 1948-1965); Pointe-Bleue (catholique, 1956-1965); et Sept-Iles (catholique, 1952-1967).
-Il y avait aussi quatre pensionnats destinés aux Inuits dans le Nord du Québec. On les appelait les Federal Hostels. Il étaient situés à Kuujjuarapik, Inukjuak, Kangiqsualujjuaq et Kangirsuk;
-Le gouvernement fédéral a reconnu il y a une décennie que beaucoup d'élèves des pensionnats avaient été maltraités et que les abus sexuels étaient répandus;
-Ottawa, les communautés religieuses et les associations d'autochtones ont approuvé en 2006 la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens (CRRPI), qui constitue le plus gros règlement pour un recours collectif de l'histoire du Canada;
-La CRRPI prévoit entre autres des paiements individuels à tous les anciens élèves et la création d'une Fondation autochtone de guérison.
-Une commission pour la vérité et réconciliation a été mise sur pied le 1er juin. Elle entreprendra sous peu une tournée du pays pour recueillir le témoignage des victimes.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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