OTTAWA - Les affaires motivées par la haine représentent une proportion relativement faible des crimes commis au Canada, a révélé lundi le Centre canadien de la statistique juridique, mais ceux qui sont commis découlent habituellement de la race ou de l'origine ethnique.
En 2006, les services de police desservant 87 pour cent de la population du Canada ont déclaré 892 crimes haineux, dont 6 sur 10 étaient motivés par la race ou l'origine ethnique.
En outre, le quart des crimes de haine étaient motivés par la religion, alors que le dixième l'étaient par l'orientation sexuelle. Les crimes de haine constituaient moins de 1 pour cent de toutes les affaires criminelles déclarées par la police.
L'étude "Les crimes motivés par la haine au Canada" a permis de constater que la moitié de tous les crimes motivés par la haine déclarés par la police étaient des infractions contre les biens, le plus souvent des méfaits, alors que le tiers étaient des infractions violentes, comme des voies de fait.
Parmi les 502 affaires motivées par la haine de la race ou de l'origine ethnique déclarées en 2006, la moitié a été perpétrée contre des Noirs, 13 pour cent contre des Asiatiques du Sud et 12 pour cent contre des Arabes ou des Asiatiques occidentaux.
Parmi les 220 crimes haineux qui, selon la police, étaient motivés par la religion, la plupart, soit près des deux tiers (63 pour cent), ont visé des tenants de la religion juive, alors que 21 pour cent ont été commis contre des musulmans et 6 pour cent contre des catholiques.
Une grande majorité des 80 affaires motivées par l'orientation sexuelle ont été commises contre des homosexuels.
Plus de la moitié (56 pour cent) des affaires motivées par la haine d'une orientation sexuelle particulière étaient violentes, soit une proportion supérieure à celle observée pour les affaires motivées par la race ou l'origine ethnique (38 pour cent) ou la religion (26 pour cent). Les voies de fait simples étaient le type de crime violent le plus fréquent.
Selon les données déclarées par la police, les jeunes âgés de 12 à 17 ans étaient proportionnellement plus nombreux que les personnes plus âgées à avoir commis un crime haineux. Le taux d'auteurs présumés était le plus élevé chez les jeunes de 12 à 17 ans, et il diminuait graduellement au fur et à mesure qu'augmentait l'âge.
Les crimes de haine déclarés par la police au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique représentaient environ 80 pour cent du nombre total de crimes haineux. L'Ontario a affiché le taux le plus élevé, soit 4,1 affaires pour 100 000 habitants, suivi de la Colombie-Britannique (2,5) et du Québec (1,4).
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