MONTREAL - Des chercheurs espèrent enrôler pas moins de 300 000 Canadiens dans la plus vaste étude jamais réalisée au Canada sur le cancer.
Ces 300 000 Canadiens âgés de 35 à 69 ans seront choisis au hasard. Ils seront suivis sur une période d'au moins 20 ans, voire 30 ans.
Les chercheurs veulent se pencher sur une variété de facteurs, allant du mode de vie à l'alimentation, en passant par l'activité physique, les facteurs environnementaux et même sociaux, comme le stress.
Du nombre, environ 50 000 participants seront recrutés au Québec et 100 000 en Ontario.
Entre 50 et 100 chercheurs participeront à cette étude, baptisée "Espoir pour demain", du Projet de partenariat canadien contre le cancer.
L'étude sera financée à raison de 42 millions $ provenant du Partenariat canadien contre le cancer et de 41 millions $ provenant de partenaires dans les provinces et régions du Canada. Au Québec, ce partenaire est Cartagène.
Les participants à l'étude devront donner leur consentement et ne seront pas obligés de répondre à toutes les questions soumises. Le tout sera codé afin d'assurer la confidentialité des renseignements personnels, assure-t-on.
Le docteur Phil Branton, directeur scientifique à l'Institut de recherche en santé du Canada, se montre on ne peut plus enthousiaste face à cette vaste étude. "C'est un projet énorme. Avoir la bonne cohorte, bien recruter ne constitue que le début de nos travaux. Il s'agit d'une des plus grandes études médicales qui a jamais été faite", a-t-il dit.
Les chercheurs veulent se pencher également sur les facteurs environnementaux, sociaux, économiques, voir comment ils peuvent interagir, et ce, à moyen et long termes.
Actuellement, "il nous manque des outils de base. On fait ça de façon sectorielle et partielle. Mais maintenant, on va avoir une base de données qui prend la personne dans son environnement, dans ses habitudes de vie: nutrition, stress, emploi, les facteurs socioéconomiques, le nombre d'enfants, la distance entre le lieu de travail et la maison, par exemple", a expliqué Bartha Knoppers, de Cartagène, le participant québécois de ce partenariat.
Les chercheurs veulent des réponses précises: l'exercice? oui, mais combien de temps? Et si l'on commence à en faire à 40 ans, est-ce qu'on en tire autant de bénéfices que si l'on a commencé à 15 ans? Et l'alimentation? Et l'environnement? Et le stress? La consommation d'alcool? L'obésité?
Statistiques
Le cancer, en fait, regroupe 200 maladies.
L'incidence du cancer augmente chaque année de 2 à 3 pour cent au Canada. Cette année, le monde médical estime que 166 400 personnes recevront un diagnostic de cancer au pays et 73 800 personnes décéderont du cancer.
Environ 40 pour cent des Canadiennes et 45 pour cent des Canadiens développeront un cancer au cours de leur vie.
Le cancer est actuellement la principale cause de décès chez les adultes d'âge moyen au Canada. Il tue plus que les accidents vasculaires cérébraux, les maladies du coeur, les blessures et les maladies infectieuses réunis, dans la catégorie d'âge des 35 à 64 ans.
On enregistre cependant des progrès contre certains cancers.
Ainsi, le nombre de décès liés au cancer du sein chez la femme est passé de 31 décès pour 100 000 en 1985 à 24 décès pour 100 000 en 2003.
De même, le cancer du poumon devrait tuer 59 hommes sur 100 000 en 2008, comparativement à 72 hommes sur 100 000 en 1979.
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