MONTREAL - Les Directions de la protection de la jeunesse ont enregistré un peu plus de signalements de jeunes en 2007-2008, mais près de 2000 signalements de moins ont été retenus par rapport à l'année précédente.
Cette donnée ressort du plus récent bilan dressé par les Directeurs de la protection de la jeunesse, qui ont fait le bilan de leurs activités, lundi à Montréal.
En tout, 68 651 signalements ont été faits aux DPJ en 2007-2008, comparativement à 67 792 en 2006-2007. Il s'agit d'une hausse de 1 pour cent.
Toutefois, pour ce qui est des signalements qui ont été retenus, on assiste à une baisse de 4 pour cent, soit de 31 718 en 2006-2007 à 29 780 en 2007-2008.
Au cours d'une rencontre avec la presse pour présenter ces résultats, les DPJ du Québec ont expliqué cette baisse du nombre de signalements retenus par le fait que les critères ont été modifiés. Il se peut aussi que d'autres ressources soient intervenues auprès du jeune plutôt que la DPJ, a-t-on fait valoir.
"L'intervention du DPJ, c'est une intervention lourde de conséquences dans la vie des familles", a expliqué Daniel Côté, DPJ et directeur provincial du Centre jeunesse de Québec, Institut universitaire.
"Il est donc important qu'on intervienne pour les bonnes situations. Notre objectif, c'est de faire en sorte que les enfants qui ont besoin d'aide reçoivent cette aide-là. Et si d'autres établissements de la santé et des services sociaux peuvent prendre le relais, à la place du Directeur de protection de la jeunesse, c'est ce qui est souhaité par le législateur et c'est ce qui est souhaité aussi par les DPJ", a-t-il ajouté.
Il assure que ce n'est pas non plus le manque de ressources qui fait que les DPJ ont moins retenu de signalements en 2007-2008. "En aucun cas les DPJ refuseraient d'intervenir dans une situation faute de ressources. C'est inacceptable aux yeux de tous les DPJ du Québec", a dit M. Côté.
La provenance des signalements est à peu près la même que celle de l'an dernier, à savoir 28 pour cent venant des employés d'organismes et des familles d'accueil, 22 pour cent du milieu familial, 20 pour cent du milieu policier, 19 pour cent du milieu scolaire et 11 pour cent de la communauté (voisins et autres).
Loi à modifier
Les DPJ ont aussi profité de leur rencontre avec la presse pour demander des modifications à la loi fédérale sur le système de justice pénale pour adolescents.
Cette loi, adoptée il y a cinq ans, ne tient compte que du délit commis par un jeune, au moment de décider de la peine à lui imposer, comme une mise sous garde, dans les cas de crime violent ou de récidive.
Les DPJ aimeraient que le juge ait plus de souplesse et qu'il puisse imposer une telle mise sous garde dans d'autres situations, lorsque, par exemple, les responsables estiment que cela peut être bénéfique pour le jeune.
Les DPJ souhaiteraient que la situation particulière du jeune soit un facteur dont il faille tenir compte, et non seulement le délit commis par ce jeune.
"Ce qu'on souhaiterait, c'est que tout en tenant compte, bien sûr, de la gravité des délits, qu'on puisse tenir compte de l'évaluation qui aura été faite de cet adolescent-là quant à son risque de récidive, quant à ses problèmes personnels, quant à ses problèmes d'adaptation, mais qu'on puisse prendre en compte la situation personnelle de l'adolescent, ce qui est, à ce moment-ci, complètement exclu des critères pour la détermination de la peine", a expliqué M. Côté.
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