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Des mots d'amour

Une vie consacrée à la littérature

Marilyse Hamelin par Marilyse Hamelin
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Article mis en ligne le 14 janvier 2007 à 22:31
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Des mots d'amour
Marie-Claire Laberge aime aussi participer aux concours d'écriture de manière anonyme.
Des mots d'amour
Une vie consacrée à la littérature
Sa lettre est parmi la vingtaine ayant été sélectionnée sur les 200 envoyées à Monique Giroux dans le cadre de son émission Fréquence Libre sur les ondes de la Première chaîne de Radio-Canada. Pas étonnant, puisque Marie-Claire Laberge écrit, enseigne et publie depuis plus de trente ans.
Née à Ville-Émard, résidante de Verdun depuis de nombreuses années, l'auteure a été active dans le sud-ouest d'abord comme travailleuse sociale, puis comme écrivaine.

«J'ai toujours écrit, du plus loin que je me souvienne. C'était encore plus pressant quand je

faisais du travail social en milieux familial et psychiatrique. L'écriture permet de mettre une distance émotionnelle, de se préserver en quelques sorte», explique Mme Laberge.

Si elle a publié plusieurs recueils de nouvelles et de poésie, la majorité en France, Marie-Claire Laberge ne cherche pas la reconnaissance du public.

«Pour moi, publier est secondaire. Le plaisir, c'est d'écrire et de transmettre. Lorsque l'envie me prend, j'envoie mon matériel et je suis publiée automatiquement», illustre-t-elle.

Le plaisir, c'est aussi pour elle de voir ses étudiants réussir.

«Depuis les années 80 que je donne des ateliers littéraires. Au départ, c'est l'écrivain Jacques Beauchesne qui m'a initiée à l'enseignement dans les bibliothèques de Montréal. Puis, j'ai donné des ateliers dans les cégeps et dans les universités», raconte Marie-Claire Laberge.

Maintenant à la retraite, l'écrivaine donne de moins en moins d'atelier, mais continue à faire du tutorat pour certains jeunes auteurs.

«Je me garde du temps pour moi, pour écrire. Il y a aussi que j'ai un problème de sclérose en plaques qui m'embête un peu», avoue-t-elle candidement. Malgré tout, elle apporte toujours son aide à quelques chanceux.

«Suzanne Myre [une des écrivaines les plus novatrices de notre littérature] a fait partie de mes protégés. Elle n'avait pas confiance en son talent et pourtant, aujourd'hui elle rafle tous les prix», se réjouit son mentor.
Les Impatients
Marie-Claire Laberge aime aussi participer aux concours d'écriture de manière anonyme. Si elle participe régulièrement aux Correspondances d'Eastman, cette année, elle a envoyé une lettre d'amour à l'animatrice Monique Giroux... pour publication dans le recueil des Impatients, dont elle est membre du comité de sélection.
Marrainée par Clémence Desrochers, la Fondation Les Impatients est un lieu de création qui vient en aide aux gens qui ont des problèmes de santé mentale.

Le lancement du troisième coffret de lettres d’amour à son profit aura lieu le 15 janvier dans ses locaux de la rue Sherbrooke. Les recettes permettront à la fondation de poursuivre sa mission, soit démystifier les problèmes de santé mentale par le biais de l’art.

Le coffret est constitué de plus de 150 lettres d'écrivains, de personnalités, d'Impatients et de participants du grand public, dont Mme Laberge. Sa lettre, dont voici un extrait, déborde d'images et d'émotions. Elle fait appel à nos cinq sens en nous transportant sur le bord de la mer: «Te souviens-tu des retours vers la maison. Nos pas sur le gravier chantaient puis dans nos draps voiliers, nos peaux gavées d'odeurs salines aromatisaient nos nuits. Dans la géographie de nos corps des rides rieuses signaient notre amour».

Cette passion pour la littérature, Marie-Claire Laberge l'a involontairement transmise à sa fille, qui vient de terminer son doctorat en littérature. Pas étonnant quand on a une mère qui marie si bien les mots pour en faire les plus belles lettres d'amour!

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