(Photo: Martin Chamberland)
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Le Dr Richard Béliveau a livré une conférence enrichissante sur la prévention du cancer au Théâtre Corona, mercredi dernier. (Photo: Martin Chamberland)
Une mauvaise alimentation favorise le cancer
Conférence enrichissante du Dr Richard Béliveau
Le cancer est devenu la première cause de mortalité au Québec et une personne sur trois sera personnellement confrontée à ce fléau au cours de sa vie. Malgré ce tableau sombre, le Dr Richard Béliveau a apporté des solutions simples et efficaces pour prévenir d'en être atteint, du moins d'en diminuer les risques.
Une foule moins nombreuse que prévue, mais quand même acceptable, s'est rendue au Théâtre Corona, mercredi soir dernier, lors de la première tempête de neige qui s'est abattue sur Montréal, afin d'écouter la conférence de l'éminent spécialiste et surtout d'apprendre quoi faire pour prévenir le cancer, un mot qui fait encore peur quand un médecin annonce ce diagnostic.
«Nous avons beaucoup de fausses peurs si on compare avec les risques réels. Par exemple, on jette souvent un céleri dès qu'il devient mou alors qu'il est encore rempli de vitamines, mais on ne se pose pas de question pour s'empiffrer de charcuteries qui sont pourtant à proscrire de notre alimentation», a illustré le Dr Béliveau.
En effet, la formation de caillots sanguins est une prédisposition au cancer, précise son collègue, le Dr Martin Champagne, l'un des trois hémato-oncologues de l'Hôpital de Verdun. Ce dernier estime qu'il y aura 25% de plus de cancers d'ici 2016, notamment en raison du vieillissement de la population et du tabagisme.
La fin des mythes
Durant sa conférence, le Dr Béliveau a mis fin à plusieurs mythes persistants. Se basant sur des études, il a souligné que le cancer était très peu héréditaire, qu'il prenait plutôt naissance dans une interaction des gènes et du mode de vie, qui est influencé par l'alimentation.
Ainsi, il suffit de prendre des aliments anti-cancer, tels que les légumineuses, les noix et graines, les épices dont le curcuma, les poissons gras, le brocoli, le chou, les agrumes, le thé vert, le vin rouge, les fraises et bleuets ainsi que des végétaux.
«Des gens perçoivent encore le cancer comme un cas spécifique, mais il faut le voir dans son ensemble. Aujourd'hui, on pense que les médicaments règlent tout, mais avant c'était les aliments qui prévenait et guérissait les maladies», a fait remarquer, à juste titre, le spécialiste.
Ainsi, selon lui, pas besoin de suppléments alimentaires ou vitaminiques. «La seule que je recommande est la vitamine D de 1000 unités l'hiver seulement pour compenser le manque de soleil», a-t-il tenu à préciser.
Même chose concernant l'huile. «L'huile d'olive est le seul corps gras qu'on devrait avoir à la maison», a fermement recommandé le médecin. Au sujet des omégas, le Dr Béliveau est catégorique. «Choisissez des graines de lin, que vous mettrez au frigo, comme source d'omégas 3 à ajouter le matin dans vos céréales, ainsi qu'une boîte de sardines par semaine.»
Par contre, les omégas 6 sont à éviter, car ils sont pro-inflammatoires, alors qu'un cancer sur trois se développe en raison d'une inflammation quelconque. En ce sens, l'obésité est aussi un facteur inflammatoire. Et vaut mieux y voir dès le jeune âge, estime le médecin, car la moitié des enfants obèses le resteront une fois adulte. Les œufs représentent un autre mythe. «Ils sont excellents pour la santé, sans en faire d'excès», a indiqué le Dr Béliveau. Ce dernier a aussi affirmé que la margarine est maintenant mieux que le beurre, mais pas au goût!
Les conseils à suivre
Afin de mettre toutes les chances de votre côté et de prévenir adéquatement un possible cancer, le spécialiste conseille d'arrêter la malbouffe et la cigarette, de réduire les portions et de diminuer la viande rouge, de manger des végétaux et des grains entiers, de boire beaucoup d'eau et de faire quotidiennement 30 minutes d'exercices.
Il recommande aussi de maintenir un indice de masse corporelle (IMC) entre 19 et 24, puis de s'inspirer des mets du monde, surtout provenant des pays dont l'embonpoint de sa population est rare, comme la Chine, afin d'allier de nouvelles saveurs à votre plaisir de manger sans vous priver, mais aussi sans engraisser!
«Ma vision de la prévention ne vise pas à vous faire vivre nécessairement plus vieux, mais en santé plus longtemps. En introduisant quelques changements simples et peu coûteux, vous y gagnerez beaucoup! Le truc est de modifier progressivement vos habitudes et d'essayer de nouveaux aliments», a-t-il tenté de convaincre son audience.
Le Dr Richard Béliveau ne s'est pas gêné pour dire que les gens mangent mal et trop gras. «Comme une personne est déjà porteuse du cancer à partir de l'âge de 40 ans, la prévention et la détection rapide sont importantes avant que la tumeur devienne adulte, car à ce stade, on parle seulement de traitement clinique, par chimiothérapie, radiothérapie et/ou chirurgie, d'une durée d'un mois à deux ans, dont l'issue sera soit la guérison ou le décès.
Maintenant considéré comme une maladie chronique, le cancer doit être vu d'un regard global, soutient-il. «Pensez-y bien avant de prendre une liqueur, car elle contient tellement de sucre que vous aurez besoin d'une marche de cinq kilomètres pour brûler les calories que vous venez d'ingurgiter. Sinon, vous prendrez 13 livres par année. Alors imaginez quand vous prenez deux cannettes par jour…»
Plus de cancers dans le Sud-Ouest
La conférence du Dr Béliveau était organisée par la Fondation de l'Hôpital de Verdun dans le cadre de la création du Centre intégré de lutte au cancer au CSSS du Sud-Ouest-Verdun devenu nécessaire pour contrer l'incidence plus élevé de cancers sur ce territoire (qui est de 568 cancers pour 100 000 personnes, particulièrement les cancers du poumon, du sein et de la prostate, et de 874 dans quelques années, selon des prévisions) comparativement à la moyenne montréalaise (de 489 sur 100 000).
«Le Centre a pour mission de guérir, prévenir et soutenir, tout en offrant accès à une équipe multidisciplinaire et de diminuer les délais de ces patients, a indiqué Danielle McCann, directrice du CSSS local. Le but de la prévention est de détecter le cancer à temps pour l'éradiquer.» L'équipe de professionnels mise aussi sur un psychologue, une diététiste, un travailleur social et une infirmière.
C'est la première fois en 28 ans d'histoire que cette fondation organisait une conférence. De plus, les profits de l'événement permettront d'acheter de l'équipement pour l'hôpital de Verdun.
Photo DrBeliveau
Roy, Mimi
Commentaire mis en ligne le 31 janvier 2009La lit sur les étiquettes de boissons gazeuses ZÉRO: sucre: Est-ce bien vrai ? donc ZÉRO: calorie
Mimi