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Les risques du métier

Alexandre Gauthier par Alexandre Gauthier
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Article mis en ligne le 29 février 2008 à 15:28
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Les risques du métier
La brigadière Suzanne Bourgeois constate que la circulation est dense à L'Île-des-Soeurs le matin. Les automobilistes sont pressés et parfois distraits, augmentant le risque de danger pour la sécurité des enfants sur le boulevard Île-des-Soeurs au coin de Berlioz (Photo: Martin Chamberland)
Les risques du métier
Par la nature de leur travail, les brigadiers scolaires sont exposés au danger. Les trois brigadières rencontrées ont toutes eu peur au moins une fois dans la pratique de leurs fonctions.
«J’ai vraiment eu peur quand un conducteur a freiné brusquement une fois arrivé à la ligne de la traverse», raconte Francine Champagne-Migneault. «Un camionneur en retard m’a déjà insulté devant les enfants parce que je lui ai fait signe d’arrêter pour les faire passer et que ça prenait de son temps», se souvient Lisette Wattier. «J’ai failli me faire frapper par un conducteur qui roulait trop vite», confie Suzanne Bourgeois.

Les brigadières mettent aussi d’autres réalités en lumière. «Beaucoup de conducteurs se maquillent, se font la barbe ou parlent au téléphone cellulaire pendant qu’ils sont au volant. Puisque leur attention est portée ailleurs, ils voient souvent le brigadier au dernier moment. Cette conduite est plutôt dangereuse pour la sécurité des enfants», estime à juste titre Mme Champagne-Migneault.

Elle estime aussi que les cyclistes respectent moins la traverse que les conducteurs et souligne que des parents vont conduire à pied leurs enfants jusqu’à l’école en empruntant des trajets non sécurisés par le brigadier.
Partir plus tôt ou réapprendre à conduire
Pour sa part Mme Bourgeois vilipende les gens qui sont toujours pressés, ne déblaient pas complètement la neige de leur véhicule - les empêchant ainsi de bien voir -, ne regardent souvent qu’un seul côté d’une intersection, roulent trop vite ou ralentissent seulement au lieu de s’immobiliser. «Ils devraient partir plus tôt ou réapprendre à conduire», recommande-t-elle.

Cette dernière croit qu’elle serait millionnaire si elle avait pu donner des contraventions. «Au début, les conducteurs pensaient que j’étais de la police. Ils me regardaient et faisaient attention, mais quand ils se sont rendus compte que j’étais là chaque matin, ils ont repris leurs habitudes», déplore-t-elle.

Quant à Mme Wattier, elle dit imposer le respect en s’aventurant dans la rue. Même des passants, dont plusieurs consommateurs du marché d’alimentation à proximité, profitent de sa présence pour traverser la rue. Elle attend les belles températures pour lire ou tricoter dans sa chaise sur l’heure du midi, afin d’être proche pour faire traverser les écoliers qui dînent à la maison.
État de la signalisation
Autre constatation, aucune signalisation mentionnant une traverse pour écoliers n’est indiquée sur les chemins menant à l’intersection du boulevard Île-des-Sœurs et la rue Berlioz. On y voit des panneaux de passages piétonniers qui se trouvent avant et après celle-ci, ainsi qu’un seul avis de limite de vitesse à 50 km/h sur le boulevard, en plus d’indiquer la présence de vélo et de camion en transit. Rien pour renforcer la sécurité des écoliers au seul passage avec brigadier de l’île.

Sur la terre ferme, par contre, on remarque aisément les pictogrammes blanc ou jaune indiquant une zone scolaire et le passage pour piétons. Des feux clignotants sont aussi utilisés à certains endroits, dont à de l’Église, coin Éthel.

Bien que plusieurs brigadiers veillent à la sécurité des élèves quand ceux-ci traversent une rue près d’une école primaire, les anges de la rue ne sont pas partout. Il incombe donc à tous les usagers de la route de respecter les passages et d’être courtois à l’encontre du brigadier qui vous demande d’arrêter à l’aide de son panneau rouge bien en évidence.

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