Myriam Beaudoin, une auteure verdunoise accomplie.
Myriam Beaudoin se mérite deux prix pour son roman "Hadassa"
Myriam Beaudoin habite Verdun depuis deux ans, elle enseigne le français à Villa-Maria et dans ses temps libres, elle écrit des romans. Son deuxième ouvrage, publié chez Leméac, lui a valu de remporter le Prix des lecteurs France-Québec et le Prix des Collégiens en 2007.
Originaire de Sherbrooke Myriam Beaudoin a 30 ans, elle a vécu une partie de sa jeunesse, en Afrique. Son père était diplomate, et il a été nommé consul au Rwanda, en 1988. Quatre ans plus tard, la famille déménage au Mali. Là-bas Myriam fait des rencontres captivantes et semble conserver de son passage les souvenirs d’une adolescence insouciante, partagée entre ses promenades dans la brousse et au bord du fleuve Niger, ses débuts en écriture. En 1994, c'est le retour au Québec: pas facile de s’y adapter après un aussi long séjour en Afrique.
En 1998 le décès de son père de retour de Port-au-Prince, l'a profondément marquée. Myriam Beaudoin fuit au Brésil, puis revient compléter ses études de maîtrise en création littéraire.
Bien avant de publier son premier roman intitulé "Un petit bruit sec" en 2003, Myriam Beaudoin rédigeait des centaines de pages de texte sous forme épistolaire dès l’âge de 15 ans. La correspondance occupait donc une place de choix dans ses temps libres. À propos de son premier roman, Myriam Beaudoin avoue, qu’à son avis, l’ouvrage se caractérise par des envolées lyriques fortes, ce qui le différencie du deuxième, dont l’écriture demeure toutefois très poétique. En fait le deuxième roman de Myriam Beaudoin, "Hadassa", raconte l'histoire d'une jeune femme qui enseigne le français dans un établissement pour écolières juives orthodoxes à Outremont. Ce récit, c'est finalement celui de sa propre expérience de professeure dans une école juive hassidique, un monde que l’auteure ne connaissait pas.
En entrevue, Myriam Beaudoin confie qu'elle n'a eu aucun contact avec ses anciennes collègues de l'école depuis qu'elle a quitté, tellement le milieu est fermé. Sur sa façon de travailler et son inspiration, la jeune romancière confie qu’elle écrit à haute voix pour s’assurer que les sonorités se récitent bien sans accroc. La réalité qui l’entoure s’intègre au récit, mais après avoir franchi le filtre de son analyse; rien n’est structuré au départ, et peu à peu le récit prend forme.
Le Prix France-Québec est décerné en France, et a malheureusement peu d’échos au Québec. Peu importe, Myriam Beaudoin se dit particulièrement touchée d'avoir été choisie par une majorité de lecteurs de 47 établissements d'enseignement du Québec, invités à voter pour le roman de leur choix.
Bien qu’elle se rappelle avec mélancolie ses promenades sur la rue Saint-Viateur, ses visites dans les petits établissements de ce quartier très cosmopolite de Montréal, où la communauté juive est très présente, Myriam Beaudoin se dit très heureuse de vivre à Verdun. La jeune femme ne regrette pas son choix et parle avec émerveillement de ses promenades au bord du fleuve.