Au cours de sa carrière, Éric Charron a passé trois saisons avec les Flames de Calgary.
Éric Charron, une légende verdunoise du hockey
L’ex-hockeyeur Éric Charron est une véritable légende du hockey professionnel. Celui qui a grandit à Verdun et qui a porté les couleurs du Canadien est tout aussi connu ici qu’à Atlanta, Tampa Bay, Washington, Calgary, Frédéricton, Mannheim, Nottingham ou Novosibirsk.
En fait, Éric Charron s’est aligné avec 20 équipes différentes en 20 ans de carrière, du Midget AAA jusqu’aux plus hauts rangs professionnels. Cette année, à 37 ans, il profite finalement d’un peu de repos après avoir pris la décision d’accrocher définitivement ses patins.
«Quand j’étais jeune, j’écoutais le hockey du samedi soir, et comme tous les autres, je rêvais de jouer au hockey dans la Ligue nationale, se remémore-t-il. En vieillissant, je ne me faisais pas trop d’idées. Mais rendu junior majeur, avec tous les dépisteurs, je me suis mis à y croire. Ce qui m’a aidé, c’est que je me suis amélioré à chaque année.»
«Ce qui me manque le plus c’est d’être avec les gars dans la chambre. Mais maintenant, j’ai plus de temps avec ma famille, plus de temps à accorder à mes trois enfants», confie l’ancien joueur.
Et c’est parti
Défenseur défensif dès son plus jeune âge, l’aventure d’Éric Charron commence en 1986-1987 alors qu’il s’aligne avec les Lions du Lac St-Louis de la Ligue de hockey Midget AAA du Québec. Sans être flamboyant, il accomplit du bon travail et passe au junior majeur la saison suivante avec les défunts Draveurs de Trois-Rivières.
À 18 ans et à la suite d’une bonne première année dans la LHJMQ, Charron est éligible au repêchage amateur de la Ligue nationale de hockey. Ce n’est ni plus ni moins que le Canadien de Montréal, cette équipe qui a toujours fait rêvé le jeune défenseur qui le choisit et en fait le 20e choix au total de l’encan 1988.
À partir de ce moment, tout devient possible et Charron commence à croire aux possibilités d’une carrière professionnelle.
Le jeune prospect continue alors son développement dans la LHJMQ après avoir disputé une partie avec les Canadiens de Sherbrooke, le club-école montréalais de la Ligue américaine de hockey.
En cours de saison, Trois-Rivières l’échange aux Canadiens Junior de Verdun. Cette transaction s’avère plaisante car le hockeyeur de six pieds et 194 livres effectue un retour aux sources après avoir quitté son Verdun natal deux ans auparavant.
Ce que Charron ne sait pas, c’est que le manège infernal ne fait que commencer. Pour sa saison de 20 ans au junior, Éric Charron est envoyé à Saint-Hyacinthe, afin d’endosser l’uniforme du Laser. Il connaîtra une campagne formidable avec 51 points en 68 parties, pas mal pour un défenseur «défensif». Cette performance lui vaudra de participer à deux parties des séries éliminatoires avec Sherbrooke dans l’Américaine.
Chez les pros
À 21 ans et sa carrière junior derrière lui, le défenseur verdunois doit maintenant percer chez les professionnels. Il jouera deux saisons et demie avec le club-ferme du Canadien, maintenant déménagé à Fredericton. En 1992-93, c’est l’apogée, qui est de courte durée toutefois. Il ne dispute que trois parties à Montréal.
Puis, Charron est échangé à l’organisation du Lightning de Tampa Bay, qui elle, l’envoie à son équipe-école de la Ligue internationale de hockey, les Knights d’Atlanta.
Suite à une excellente saison complète à Atlanta, le Lightning lui offre une chance, et il ne la rate pas. Il joue 45 matches en 1994-95, son plus haut total en carrière dans la Ligue nationale. Jumelé au Tchèque Roman Hamrlik (maintenant avec Montréal), le duo fait la pluie et le beau temps. Charron finit avec un but et quatre passes.
Après 14 parties de disputées la saison suivante, le Lightning échange Charron aux Capitals de Washington où il partagera son temps entre la Ligue nationale et la Ligue américaine à Portland.
En 1997, les Flames de Calgary font l’acquisition de l’arrière de 27 ans via le marché des transactions. Encore une fois, Charron voyage entre les majeures et les mineures. Il passe toutefois plus de temps à St. John’s qu’à Calgary.
2000-01, Charron fait un retour dans la Ligue internationale avec les Lumberjacks de Cleveland, puis, c’en est assez. Le hockeyeur jouera une saison en Allemagne, une en Angleterre et une en Russie, avant d’effectuer un retour en Amérique du Nord. Il terminera sa longue carrière par une saison à Laval, deux à Verdun et une dernière avec le Top Design de Saint-Hyacinthe dans la Ligue nord-américaine.
Nouvellement retraité, Éric Charron ne s’éloigne pas trop du hockey, en étant l’entraîneur de son fils à Saint-Jérôme au Bantam AA. «Ce n’est pas une nouvelle carrière, je veux simplement donner de ce que j’ai appris à mon gars. Partir entraîner au junior majeur et être tout le temps sur la route, ce n’est pas pour moi.»
En 20 ans de hockey, le désormais célèbre nomade défenseur aura porté les couleurs d’une équipe MAAAQ, trois de la LHJMQ, quatre de la LAH, deux de la LIH, trois de la LNAH, trois d’Europe et finalement quatre du circuit Bettman.
Aucun regret
Avec le recul, Éric Charron ne regrette aucunement sa carrière, bien au contraire. «Ça n’a jamais été difficile pour moi de changer d’équipe ou de ligue, j’ai toujours su que ça faisait partie de la game, alors je ne m’en suis jamais fait.
«Culturellement parlant, j’ai vraiment été chanceux d’avoir pu voyager autant. J’ai parcouru l’Amérique du Nord au grand complet et j’ai quasiment fait le tour du monde. Disons que je n’étais pas du genre à rester dans la chambre d’hôtel sur la route.»
Questionné à savoir quels sont les plus beaux moments de son aventureuse carrière, Charron en trouve deux. «Lorsque j’ai gagné la coupe Turner avec les Knights d’Atlanta dans la Ligue internationale. Gagner une coupe avec plusieurs Québécois dans l’équipe, c’était formidable. Le deuxième, c’est quand j’ai été repêché et que j’ai vu toute la fierté que mon père avait pour moi.»