Claude Talbot a gagné une première manche
La décision est prise
Plus de prière, mais le crucifix restera
La séance du conseil d'arrondissement de Verdun, tenue le mardi 4 septembre, a été marquée d'un changement important: la prière a été remplacée par un moment de réflexion. Cependant, il n'est pas question, comme le réclame un citoyen, de retirer le crucifix de la salle du conseil.
Dès le début de la réunion, le maire Claude Trudel a tenu à faire une déclaration. Il a expliqué que le caucus des élus a dû adopter une position concernant la prière et le crucifix en raison d’une plainte déposée à la Commission des droits de la personne du Québec. L'invocation, qui marquait auparavant l'ouverture de ces assemblées, est dorénavant remplacée par un moment de réflexion auquel les personnes présentes sont invitées à participer.
M. Trudel a aussi expliqué les motifs pour lesquels les élus n'avaient pas l'intention de retirer le crucifix placé, bien en évidence, au-dessus des armoiries de l'ancienne ville de Verdun. Les membres du conseil de l'arrondissement de Verdun estiment que le crucifix est un symbole fondamental du patrimoine culturel de cet arrondissement. «Il est représentatif de notre histoire, une histoire intimement liée à la présence et aux actions des diverses communautés religieuses qui ont accompagné nos populations au fil du développement de notre territoire. On ne peut changer le cours de l'histoire du Québec, ni celle de Montréal», a soutenu M. Trudel.
Les élus municipaux de Verdun estiment que ce crucifix fait partie du patrimoine, tout comme la croix du Mont-Royal et celle qui est installée à l'entrée du quartier de L'Île-des-Sœurs. M. Trudel a d'ailleurs rappelé, dans le cadre de cette déclaration, que la Ville de Montréal et l'Assemblée nationale avaient également décidé de conserver le crucifix. «Comme nous, elles ont fait ce choix pour démontrer que la culture québécoise ne peut – et ne doit pas – nier, ni renier son histoire», a-t-il ajouté.
On sait que c'est un citoyen de Verdun, M. Claude Talbot, qui a, en quelque sorte, forcé le conseil à se pencher sur cette question en déposant une plainte à la Commission des droits de la personne du Québec. Il fut d'ailleurs le premier à intervenir, lors de la période des questions, mardi soir, pour commenter la décision du conseil. Il a manifesté sa satisfaction devant l'abandon de la prière, mais exprimé son mécontentement devant le maintien du crucifix. (Le Magazine publie, en page 4, sa lettre ouverte, à cet égard.)
M. Talbot a cependant été le seul, parmi les nombreux autres intervenants, à sembler attacher une grande importance à ces questions. Outre quelques allusions faites dans le cadre de questions portant sur des sujets différents, un seul citoyen s'est prononcé vigoureusement sur le retrait du crucifix et ce fut pour soutenir la décision du conseil.