À cause du blocus de Napoléon, la marine britannique au début du XIXe siècle, éprouvaient des difficultés à se procurer les grands arbres nécessaires à la fabrication de mâts pour les navires de guerre. Elle ne pouvait plus s'approvisionner en Russie.
La première cage de bois équarri à descendre l'Outaouais jusqu'à Québec le fit en 1806. Construite par Philemon Wright et nommé Columbo, elle se composait de 700 billes de bois. Il fallut deux mois pour effectuer le parcours, dont 35 jours pour atteindre Montréal. Au début, pour franchir les chutes, on devait rassembler les radeaux puis faire descendre les billes une à une dans les glissoires. Au bas de la chute, il fallait donc reconstruire complètement la cage. Philemon Wright eut l'idée de construire une glissoire large de 10 mètres permettant de laisser passer les radeaux entiers, l'un après l'autre de manière à pouvoir former à nouveau la cage au bas de la chute.
Ceux qui conduisent les Cages, les cageux, empruntaient la Rivière-des-Prairies pour atteindre l'Abord-à-Plouffe puis rejoindre le Saint-Laurent.
Ces immenses ponts de bois, large de soixante pieds (18.3m) et long de trois cents pieds (91.5m), étaient formés de plusieurs radeaux reliés les uns aux autres.
Sur cette rivière, les cages étaient parfois si nombreuses que les gens pouvaient traverser la rivière en marchant sur les cages.
Aimé Guertin "le vieux Prince" est l'un de plus célèbres pilotes de cage sur la voie du Saint-Laurent. Né en 1832 à Laprairie, il était le guide de cage le plus respecté et le plus expérimenté de l'ère des cages.
Joe Monferrand était aussi un légendaire cageux pour plusieurs compagnies de la région d'Ottawa.
Sur le Saint-Laurent, l'entreprise D.D Calvin fonctionnait à partir de Kingston en Ontario, pour se rendre à Québec. Les cages devaient franchir les rapides du Long Sault, les rapides de Lachine et donc devaient passer devant Verdun et L'Ile-des-Soeurs. On peut imaginer que les Cageux arrêtaient à Verdun à l'occasion. Les Amérindiens de Caughnawaga (Kahnawakhe), experts dans les rapides, qui embarquaient en amont des rapides, manoeuvraient les cages. Une fois les cages et les radeaux rendus à Québec, ils étaient entièrement démantelés et le bois chargé sur les bateaux en partance pour l'Angleterre.
Vers 1880, le chemin de fer mettra fin à l'époque des cageux. Vers 1907, à l’age vénérable de 87 ans, Gatien Claude de l'Ile Bizard, conduisit la dernière cage à descendre la rivière des Prairies. En 1908, on vit descendre le dernier «train de bois» à l'occasion du 300e anniversaire de Québec.. Ce fut la fin d'une grande époque.
<@$p>Guy Billard
Société d'Histoire et de Généalogie de Québec
Les cageux
Jean Talon introduisit le transport du bois par radeaux au Canada vers 1670. Ces premiers radeaux étaient faits de bois rond. Des pertes de billots de chêne qui coulaient au fond de l'eau donnèrent à Jean Talon l'idée de lier ensemble des billots de pin qui flottaient et des billots de chêne plus lourds. Ce principe donna naissance aux grandes cages de bois équarri qui sillonnèrent la rivière des Outaouais et le Saint-Laurent au XIXe siècle. Les billots de chêne devant servir à la construction des vaisseaux du roi aux chantiers navals de Québec.
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Commentaires
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- Louise Claude
- - 20 Avril 2010 à 09:10:36
Gatien Claude était mon arrière-grand-père et son histoire nous a été racontée souvent par notre grand-mère Alexina Théorêt, sa belle-fille. L'histoire de la descente de la dernière cage m'émeut encore. La vie était dure. Je suis fière de mes aieux. J'aimais arrêter chez ma grand-mère au retour de l'école, elle nous donnait des bonbons ou du blanc-mange avec du sirop de poteau- un peu en cachette de notre mère qui ne comprenait pas pourquoi on manquait quelquefois d'appétit à l'heure du diner.
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- Marc Touchette
- - 31 Mars 2010 à 09:50:21
Bonjour M. Billard. MERCI à vous et à la Société pour ces rappels historiques. Résident de L'Île-des-Soeurs depuis bientôt 30 ans, j'apprécie ces éléments qui touchent le vécu de Verdun.
