«Le Ultimate est le sport démagogique idéal», affirme Etienne Fournier, capitaine de l'équipe élite Demon, qui pratiquait ses lancers avec aisance et précision, malgré le vent, le 5 août au Douglas. «Ça paraît facile, mais ce sport-là demande des qualités athlétiques, stratégiques et techniques», poursuit celui qui joue depuis 11 ans. «J'ai connu ce sport à l'université et un ami m'a initié à la ligue où j'ai beaucoup appris la première année», précise-t-il pour inciter les gens désireux de se joindre à la ligue.
Un peu de chaque sportLe Ultimate se compare à plusieurs sports, car il utilise un terrain de football, le pied de pivot comme au basketball et l'action continue du soccer ou du hockey. Fait particulier, il se pratique sans contact physique et… sans arbitre!
«Le but est de faire une passe à un coéquipier dans la zone de touché, bon pour un point. Si elle est incomplète, le disque (frisbee) revient à l'autre équipe», explique M. Fournier. Les parties sont de 11 à 21 points.
De plus, les joueurs appellent eux-mêmes les fautes et peuvent les contester, puis le jeu reprend. «L'esprit sportif prévaut dans chaque situation, assure-t-il. En ce sens, certains joueurs trop compétitifs ont du mal à s'adapter au libre arbitre, parce qu'ils n'ont personne sur laquelle crier ou argumenter.»
Sur une aire de jeu de 64 mètres par 37, complétée aux extrêmités par une zone de but de 23 mètres, les joueurs plongent ou sautent pour attraper, bloquer ou intercepter le disque. Des ateliers sont aussi donnés aux joueurs pour expérimenter les règles du jeu, l'offensive et la défensive, le pivot, les attrapés et les lancers. Selon la manipulation du disque et le vent, il peut flotter, monter, courber ou… tomber!
Eric Fournier estime que le Ultimate est le plus beau sport. «Ça ne prend qu'un terrain, deux ou trois disques, des cônes et un minimum de huit joueurs.» Les parties peuvent se jouer à quatre contre quatre, cinq contre cinq ou généralement sept contre sept.
L'horaire des parties d'été se trouve sur le site de l'Association de Ultimate de Montréal, qui organise et coordonne les activités des sports de disque à Montréal, au www.ultimatemontreal.ca. On y trouve des parties au Douglas chaque lundi, mercredi et jeudi à 18h30 en août. Une ligue d'automne aura lieu au Collège Français, suivi de celle d'hiver.
C'est dans une ligue intramurale universitaire que le Ultimate a pris racine à Montréal il y a 25 ans. La ligue passe à quatre équipes cinq ans plus tard, jouant à l'île Ste-Hélène, puis, après une saison de transition à la direction, de huit clubs en 1993 à jouer aux terrains de Douglas à plus de 130 en 15 ans à évoluer maintenant dans différents parcs montréalais.
Une ligue du jeudi, qui divise hommes et femmes, voit le jour en 1996, afin de permettre aux joueurs plus motivés de se développer plus rapidement et d'offrir une alternative aux femmes qui se sentent intimidées de jouer avec des hommes dans la ligue conventionnelle (de cinq hommes et deux femmes).
Quant à Etienne Fournier, il participe avec son équipe au Championnat canadien Ultimate, du 13 au 16 août, à Winnipeg. Il a d'ailleurs joué au tournoi Jazz de Montréal les 4 et 5 juillet, sur les terrains de l'Institut Douglas, qui a couronné deux équipes montréalaises, Mephisto chez les hommes et Storm chez les femmes, parmi 40 clubs dont ceux de quatre provinces canadiennes et de quelques états de la Nouvelle-Angleterre, venus aussi profiter du Festival International de Jazz de Montréal. Douglas avait d'ailleurs accueilli le Championnat canadien Ultimate en 1991 avant de devenir un événement annuel en 1994.
