«Je mets la poésie en musique ou dans une structure théâtrale», explique M. Perrier, attablé au restaurant. Sa dernière oeuvre, My name is Jean-Paul, dont il signe le collage et la mise en scène, après trois ans de travail, témoigne de sa ténacité. Cette incursion débridée dans l'univers du poète Jean-Paul Daoust a mené à 18 représentations d'avril à mai à Montréal. «Je souhaite reprendre la pièce au théâtre l'an prochain, faire une tournée des maisons de la culture et aussi la présenter aux adolescents», avance André Perrier.
Jeune créateurCe dernier a créé en 1990 le Théâtre Triangle Vital avec deux amis, afin de combler le besoin d'un théâtre de création en Outaouais, en présentant Le journal intime d'une valise. «J'étais un jeune créateur qui prenait le théâtre comme un terrain de jeu, en expérimentant plein de choses», raconte l'artiste.
Puis, André Perrier a signé seul Signal d'alarme, Les consciences fragiles, Cabaret Boris Vian, Du coq à l'homme et a coproduit Le moine. En 2006, il se donne une vocation plus large en faisant découvrir la dramaturgie anglo-canadienne. Sa compagnie diffuse 60 fois Trains fantômes, de Mansel Robinson.
Présentement, André Perrier travaille sur un projet de transposer la poésie franco-ontarienne en musique pour l'automne «J'arrive avec des textes qu'on met en musique en deux heures», souligne-t-il.
Suivant une tendance américaine, M. Perrier présentera un théâtre documentaire sur la tragédie du viaduc de la Concorde les 21 septembre et 27 octobre au Théâtre Porte Parole.
Se disant allumé par la matière, André Perrier a le goût d'écrire, sans être metteur en scène de son oeuvre. Celui qui peut composer un spectacle à partir de presque rien, un objet quelconque, aime être surpris par le résultat final. Il préfère l'histoire au lieu de la lecture théâtrale, mais il peut mélanger les styles. Il sera en spectacle à Ottawa à l'automne. Pour l'occasion, il fabriquera une histoire en anglais, comme il sait si bien le faire.


