Le MLQ en croisade contre la prière

Philippe
Philippe Boisvert
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Marie-Michelle Poisson. (Photo : gracieuseté)

Les opposants à la prière dans les sphères publique et politique sont on ne peut plus clairs : il est nécessaire d’interdire la pratique de la prière lors des réunions des conseils municipaux et autres instances décisionnelles publiques. La récitation de la prière porte atteinte à la liberté de conscience des citoyens, disent-ils.

La présidente du Mouvement laïque québécois (MLQ), Marie-Michelle Poisson, est outrée que des personnes élues démocratiquement disent s’en remettre à une force spirituelle, afin de prendre les meilleures décisions pour leur ville et leurs citoyens.

« Lorsqu’on prend des décisions municipales, on ne devrait pas se fier à Dieu, mais à des données et à des faits avérés. Les élus doivent prendre des décisions selon leurs compétences, et non pas devant une référence spirituelle », s’indigne-t-elle.

À Saguenay, le débat sur la prière date déjà de quelques années. Lorsqu’un citoyen a poursuivi le maire Jean Tremblay, ce dernier a apporté des changements à la prière récitée. Au lieu de faire référence au Christ, il fait maintenant référence à un dieu général.

Cette nouvelle prière peut paraître complaisante pour des citoyens qui ont des croyances religieuses autres que catholiques, mais ce n’est pas suffisant, selon Mme Poisson.

« C’est un discours purement déiste, on remercie et on fait référence à un dieu. Le problème, c’est que ce texte est tout de même discriminatoire pour les athées, pour ceux qui ont décidé de ne croire en aucune religion. Ces personnes demeurent brimées », avance-t-elle.

Selon Mme Poisson, il est plus que temps que le gouvernement intervienne dans ce dossier, avant que la situation ne dégénère.

« Le maire Tremblay a reçu un jugement du Tribunal et il ne le respecte pas. Dois-je rappeler que c’est la deuxième fois en autant de tentatives (Laval en 2006 et Saguenay en 2011) que l’on juge que la prière devrait être retirée? Il est temps que le ministère des Affaires municipales intervienne. Il doit créer une loi pour interdire la prière dans les conseils municipaux », tranche la présidente du MLQ.

Sujet épineux pour l’Union des municipalités du Québec

L’Union des municipalités du Québec (UMQ), qui représente plus de 275 administrations municipales à travers le Québec, ne s’aventure pas trop sur ce terrain glissant.

La position de l’UMQ est simple : elle recommande à ses membres de présenter un moment de recueillement, qui permettrait à tous les citoyens, peu importe leur croyance, d’y trouver leur compte.

Cependant, il ne s’agit pas d’une politique, mais d’une simple recommandation. Les villes demeurent autonomes dans leur décision. Ce sont elles qui ont le dernier mot.

Lire la suite:

- La prière est toujours présente dans les conseils municipaux de Montréal

- Le Mouvement laïque québécois en croisade

- Une question de tradition pour les élus

 

Organisations: UMQ, Ministère des Affaires municipales, Union des municipalités du Québec L’Union

Lieux géographiques: Saguenay, Québec, Laval

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